19 minutes | Feb 11th 2021

No code – Low code expliqué aux marketeurs et chefs de produits

Expliquer le low code, no code aux marketeurs et aux non-techniciens, tel est mon but aujourd’hui avec cette interview. Le low code / no code est un sujet qui a déjà été évoqué par Alain Lefebvre (avec un regard d’expert) et nous n’avons pas fini d’en entendre parler. Il m’a semblé intéressant de le traiter du point de vue opposé, c’est-à-dire celui de l’utilisateur non-informaticien (mais néanmoins avancé). Pour cela, j’ai saisi au mot mon compère Bruno Fridlansky, qui me faisait part de son enthousiasme pour ces nouveaux outils qui sortent sur le marché et qui permettent de se lancer dans la programmation, sans rien — ou presque — y connaître. Ici, nous en évoquerons trois : Notion, Airtable et Zapier. Je rappelle à nouveau pour les puristes, qu’il s’agit d’un point de vue de non-informaticien, et parlant de low code et de no code, celui-ci me semble d’autant plus pertinent, surtout pour les marketeurs.  No code – Low code expliqué aux marketeurs et chefs de produits L’avenir de l’IT : Javascript ? Python ? Jquery ? N’importe quoi ! C’est le low code et no code s’exclame Bruno Fridlansky avec enthousiasme, et les marketeurs devraient tous s’y intéresser Low code et no code expliqués aux marketeurs Le no code concerne des applications développées par des développeurs afin de permettre à des non-développeurs de pouvoir construire une application ou un service sans aligner une seule ligne de code Le low code permet quant à lui, lorsque l’on a construit une application sur du no code et qu’on a besoin d’aller un peu plus loin, de dépasser ce qui est faisable avec l’outil, et de rajouter des lignes de code. En somme, on peut établir un mix de low code et de no code. En résumé, ce sont des outils qui permettent à des utilisateurs qui ne sont pas des développeurs de créer des applications avec plus ou moins de travail. Nous allons nous focaliser dans cet article sur deux applications que Bruno est en train de tester : Airtable et Notion. Airtable : l’avenir d’Excel ? Bruno qualifie Airtable d’un Excel sous stéroïdes, et imagine qu’il s’agit peut-être de l’avenir du célèbre tableur de Microsoft. Airtable est-il un « Excel killer » ? Si on en croit Anaplan, il est temps de le tuer en effet Excel permet de créer des bases de données, mais de manière assez limitée. Airtable va permettre de profiter de la facilité d’utilisation du tableur, mais en appliquant une logique de  base de données. Dans Excel, il est possible de saisir différents types de contenus, du texte, des formules, des chiffres dans des cellules, à n’importe quel endroit. Le format est libre. Air Table quant à lui est structuré, ses champs correspondent à un format donné, comme pour une base de donnée. Airtable permet d’afficher des vues, des calculs, des rotations, et est pour Bruno très puissant pour gérer le quotidien. Il l’utilise pour garder une trace de ses formations, des listes de participants, les formations qu’ils ont suivies, avec des formats date, calcul, prix, des sessions, des tags, … Airtable permet de faire un peu ce que faisait — et fait toujours — Microsoft Access sur un PC, directement en ligne, et en important des données existantes, d’Excel ou de Google Sheets. Airtable dispose également de capacités d’interaction puissantes avec d’autres outils permettant ainsi de mettre en place de l’automatisation. Leurs API permettent en effet de se connecter à d’autres outils. On reste dans cette dimension no code, aucun besoin de coder une API, Airtable fournit l’API permettant d’aller se connecter avec d’autres outils conçus sur le même principe, pour créer des liens entre des outils complètement différents. Airtable développe aussi des possibilités d’automatisation de certaines tâches et permet de créer, par exemple, un formulaire en ligne. « Les gens vont s’inscrire, être enregistrés dans la base de données, et on pourra ensuite déclencher des scénarios email » explique Bruno. Ainsi un directeur marketing va pouvoir créer rapidement une petite application pour faire une roadmap produit, un catalogue produit, suivre un projet, faire un Trello à l’intérieur d’Airtable. Bruno prend l’exemple de quelqu’un qui n’est absolument pas codeur et qui a une idée de projet et souhaite la tester. Avant, il devait faire appel à quelqu’un qui maîtrise le code, ne serait-ce que pour créer un formulaire, un mini-site, ce qu’on appelle le MVP (le minimal viable product), c’est-à-dire au moins un début d’outils pour tester, avoir des retours utilisateurs et faire progresser le projet. Aujourd’hui, il est capable de le faire tout seul. Il a l’outil qui lui permet de le réaliser très rapidement, très simplement, pour tester son idée, obtenir des retours utilisateurs, pour vérifier la viabilité de son marché, évaluer s’il doit aller plus loin, ou s’il n’y a pas de marché, comment pivoter. Pour ne pas donner des cheveux blancs à tous les DSI du monde, il faut savoir qu’Airtable n’est pas forcément connecté au système informatique de l’entreprise, même si cela est possible. Notion, le couteau suisse du développement tout-en-un Notion (accessible sur notion.so), est ce qu’on appelle un all-in-one, un tout-en-un. Il permet de construire presque n’importe quel outil qui va générer de la prise de notes, et générer des pages. Notion, le couteau suisse du développement tout-en-un Il fonctionne sous forme de blocs. Il permet de créer des pages avec plusieurs médias, qu’il est possible de partager en privé sur le Web pour avoir des retours de ses interlocuteurs. Il existe également la notion de base de données qui est développée dans Airtable. On peut y reproduire également un Trello, qu’on va pouvoir lier avec d’autres documents. Bruno précise qu’auparavant, il utilisait beaucoup Pocket, pour stocker les articles à lire pour sa veille, mais il devait ensuite se rendre sur d’autres outils pour exploiter ces informations. Notion permet presque de les exploiter au sein même de l’outil. Il a ainsi reconstruit son Pocket sur Notion, et gère toutes les publications en fonction de l’usage qu’il en a, que ce soit dans ses newsletters, ou sur un blog. Pocket permet de sauvegarder des contenus (articles/vidéos/pages) un peu à la manière d’Evernote clipper. Bruno a décidé de le remplacer par un développement no code sur Notion Notion permet d’importer tout type de fichiers, texte, CSV, HTML, Word, doc, puis de les lier aux outils comme Dropbox Paper, Evernote, etc. Notion permet de mettre toute sa vie sur un seul et même outil, d’avoir tout au même endroit, et entièrement lié avec ses bases de données Bruno précise avoir reconstruit son Evernote, son Trello, son Pocket dans Notion. Tout cela sans code. Il existe une application mobile et une application web. Il trouve leur approche extrêmement puissante et intéressante. Aujourd’hui, ils sont en train de travailler sur une API qui permettra de connecter l’outil Notion à l’ensemble des autres outils qui ont elles-mêmes une API et qui va permettre de faire communiquer les deux interfaces. Zapier, le connecteur d’API Zapier est la plateforme de référence dans tout ce qui est automatisation d’applications entre elles. Elle permet de prendre une API à droite, de la connecter et d’y mettre des actions avec l’API à gauche. Zapier est une sorte de mécano logiciel hyper puissant pour relier les applications entre elles. Pas besoin de coder, tout se passe au travers d’API Zapier permet de créer des liens et faire travailler ensemble différents outils, avec la possibilité de filtres, de sélections, d’interrogations, qui vont permettre d’automatiser tous les process, de façon très fluide, sans développer aucune ligne de code. Par contre, « il requiert d’avoir un esprit logique, organisé, mathématique, pour comprendre comment ça marche et pour pouvoir vraiment l’exploiter à fond » souligne Bruno. Les marketeurs doivent-ils s’intéresser au low code no code ? Ces outils permettent aux développeurs de gagner du temps, et donnent également une opportunité aux non-développeurs de pouvoir tester une idée. Effectivement, les utilisateurs des outils no code sont aussi des développeurs, pas parce qu’ils sont développeurs, mais parce qu’ils leur simplifient la vie, souligne Bruno. Plutôt que de redévelopper de A à Z un formulaire par exemple, ces outils leur permettent de le faire en ligne en 2 secondes, simplement pour valider une idée. Je ne suis pas sûr qu’un directeur du marketing du CAC 40 va s’amuser à utiliser ça. En revanche, un directeur marketing dans une petite structure, une PME, une TPE, un entrepreneur dans une startup, peut tout à fait aller valider son idée sans développer Pour démarrer une startup, il faut trouver un développeur, un marketeur, un commercial, un stratège. Avec ces outils, on devient capable de tester son idée sans avoir de développeur, au moins dans un premier temps. De la même manière, aujourd’hui, on peut devenir e-commerçant sans avoir de site de e-commerce, en vendant ses produits à travers les Marketplaces. Est-ce bien ou non ? Là n’est pas la question pour Bruno. Il souhaite juste montrer que les outils no code permettent aux marketeurs de réaliser des choses sans être formé. « Je ne suis pas développeur, mais je peux faire des sites comme si j’étais développeur. Avec certaines limites, certes » reconnaît Bruno. Mais aujourd’hui, il existe du no code pour faire des sites Web, des sites mobiles, pour connecter et mettre en place des automatisations entre des formulaires, des factures, des ventes, des gestions de communautés. Le champ des possibles est illimité. En conclusion, le retour des L4G ? Un avenir qui me semble radieux, d’autant plus que j’ai été un pionnier de la première vague, certes plus frustre, de ces innovations, avec les langages L4G des années 80-90. J’étais même à l’époque, devenu un des experts Mapper, le L4G d’Unisys, avec lequel je développais des applications de gestion pour les contrôleurs financiers et les commerciaux. Certes, tout cela se passait sur mainframe, mais ces outils étaient déjà incroyablement puissants. Deux gestionnaires non techniciens d’Iberia avaient ainsi, tout seuls, développé le système de gestion des pièces détachées de la compagnie aérienne. Rien que ça ! Une nouvelle ère de l’IT s’annonce, qui remet enfin l’utilisateur gestionnaire et les marketeurs au centre des usages de l’informatique. Il était temps. The post No code – Low code expliqué aux marketeurs et chefs de produits appeared first on Marketing & Innovation.
Play
Like
Play Next
Mark
Played
Share